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Publié le par Archéologie-Nivernaise

Bienvenue sur le blog "Archéologie Nivernaise" 

Aux amateurs de préhistoire, de protohistoire et de la période gallo-romaine, ce site offre un espace pour déposer, partager et échanger des idées sur une multitude de sujets !

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Bonne visite et bonne lecture

Christian BEGO

(Administrateur du blog)

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Site gallo-romain à Imphy

Publié le par Archéologie-Nivernaise

 Cet article est antérieur aux fouilles qui ont été programmées par la suite et qui ont fournis d'autres éléments plus précis que les hypothèses émises lors de mes prospections pédestres de l'époque.

 

SITUATION GEOGRAPHIQUE

La commune d’Imphy se situe au sud-est de Nevers, sur la rive droite de la Loire, en partageant ses frontières au nord avec Sauvigny-les-Bois et La Fermeté, à l'est avec La Fermeté, au sud avec Saint Ouen, et à l'ouest avec Chevenon, séparée par le fleuve. Son territoire se déploie dans une vallée étroite, façonnée par la Loire serpentant du nord au sud. Cette vallée encaissée entre deux coteaux s'étire d'est en ouest, presque jusqu'aux rives du fleuve, couvrant une superficie de 1662 hectares.

En dehors de la Loire qui l'embrasse à l'ouest, Imphy est traversée par quatre cours d'eau, dont trois se jettent dans le fleuve : l'Ixeure, la Sardolle et le ruisseau du Vernay. Le quatrième, le ruisseau de Curty, est un affluent de l'Ixeure. (fig.1)

                                                                           (fig.1)

 

LOCALISATION DU SITE

Le site niché au sud-est de la commune, à une altitude de 195 mètres, sur un coteau à seulement 1,5 km de la Loire. La zone prospectée présente une pente douce orientée vers le nord-est.(fig.2)

Bien que largement endommagé par les labours et jusqu'à présent non exploré ni fouillé, ce site déclaré à la DRAC de Bourgogne Franche-Comté bénéficie d'une protection minimale, notamment en ce qui concerne le plan d'occupation des sols. La future déviation de la RN81 contournant le centre-ville d'Imphy nécessite une surveillance particulière afin d'éviter toute détérioration importante du site.

Historiquement, la région d'Imphy a été explorée dès le XIXe siècle par des archéologues locaux bénévoles. On mentionne, qu'en 1880, à Chevannes, creusant les fondations d'un mur, on mit à jour un squelette portant aux bras un bracelet en lignite, de l'autre côté de la route des tuiles à rebord, un morceau de tuyau de plomb et un petit bronze de Tetricus. En 1851, M le Général Petiet informait la Société qu'en aménageant la rue de Tours (lieu-dit Les Plauts), on avait découvert plusieurs vases de terre et de petites lampes de fabrique romaine. Au lieu-dit Chevannes, avant 1880, un important site avec des tuiles romaines, un tuyau de plomb et une monnaie de Tetricus ont été découverts. Il existe également des traces d'une voie romaine près de la rive gauche de la Loire, confirmées par l'Itinéraire d'Antonin et la Table de Peutinger.

Le lieu-dit "La grosse pierre", au sud-est du bourg, abrite un tronçon de cette voie romaine, suggérant une organisation de l'habitat rural autour de cette route et des deux ruisseaux mentionnés. Il est probable qu'une ancienne voie romaine secondaire reliait la voie en bord de Loire au site gallo-romain de la Garenne.(voir article sur la voie romaine des Plauts)

La situation géographique avantageuse d'Imphy, sur une voie de communication naturelle et près d'un fleuve navigable, aurait certainement favorisé l'établissement de riches propriétaires, qui possédaient probablement d'importants domaines ruraux dans les environs.

 

   (fig.2)

DECOUVERTE DU SITE

En mars 1992, pendant les périodes de labour, alors que je cherchais du silex, cette découverte fortuite s'est présentée à moi. La présence abondante de fragments de tuiles à rebord, de morceaux de marbre, ainsi que de tessons de céramique commune et sigillée, jonchant le sol, a immédiatement attiré mon attention. Après avoir entrepris quelques recherches, j'ai conclu que je me trouvais sur un site gallo-romain, bien que je n'aie pu déterminer avec précision le type d'habitat qui y était établi.

Les nombreuses prospections, en période de labours, m’ont permis de recueillir divers objets métalliques tels que fragment de bracelet, fibules, monnaies. L'ensemble du mobilier, dont plusieurs morceaux d’amphores gauloises, daterait l'occupation au moins dès le début du 1er siècle av. J.C, sans toutefois apporter plus de précision. Seule une étude complète du matériel et une fouille minutieuse permettra de confirmer cette hypothèse.

J'ai aussitôt déclaré officiellement ce site à la D.R.A.C. (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et  j'ai reçu une copie d'une correspondance concernant une étude sur l'impact archéologique lié à la réalisation de la déviation d'Imphy (RD981).

À partir de cet instant, une série d'interventions sera mise en place avec en août 2003, une première étape, comprenant  un sondage de diagnostic (fig.3a,3b), puis une seconde intervention, sous forme d'une fouille préventive, sera programmée pour l'année 2007 (fig. 4a, 4b, 4c, 4d)

De 1992 et jusqu'au début de l'été 2003, j'ai continué mes prospections, permettant ainsi de sauver quelques objets de la destruction, par les engins mécaniques.

fig. 3a 

fig. 3b

Sondage de diagnostic

fig. 4a

fig. 4b

fig. 4c

fig. 4d

Fouille préventive (2007)

 

LE MOBILIER ARCHÉOLOGIQUE RECUEILLIS

LA CERAMIQUE

Au total plus de 1500 tessons ont été recueillis dont une centaine de tessons de céramique sigillée avec certaines formes complètes.

Sigillée 

  • 2 fragments drag.33 (fig.1)
  • 3 fragments de tasse Drag.22 (dont 2 à forme complète, fig.2)
  • 2 fragments d’assiette Drag.35/36 à motif en feuilles d'eau (fig.3)
  • 11 fragments de vases ornés Drag.37 : dont 1 fragment recomposé avec motifs d’oves à la partie supérieure terminées par un petit pendentif, décor en métopes flanqué de palmettes, décor floral et bestiaire – Atelier LEZOUX 1er siècle ap.J.C, diamètre d’ouverture estimé à 200 mm (fig.4) ;  fragment de vase orné, motif oves avec pendentifs, diamètre d’ouverture estimé à 230 mm (fig.5) ; fragment de vase orné  avec oves , diamètre d’ouverture estimé à 240 mm ; autres fragments de vases ornés avec motifs floraux et bestiaires (fig.7 à 10)
  • 1 fragment de fond de coupe avec estampille MARTIO (Martius ? 140-190 ap. J.C ; Atelier de LEZOUX – fig.11) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

suite .................................... 

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Site Aurignacien- Commune de Sauvigny-les-Bois

Publié le par Archéologie-Nivernaise

Un site Aurignacien sur la commune de Sauvigny-les-Bois

Le site de Marigny, à Sauvigny-les-Bois (Nièvre) occupe un rebord de plateau bordant à l’est la vallée de la Loire. Il a fait l’objet d’une fouille préventive réalisée en 2006. 

Un total de 11 157 restes lithiques a été mis au jour, dont 10 039 dans la partie centrale du site. Les matières premières sont principalement des silex du Jurassien, d’origine locale.
La composition de l’industrie témoigne d’une production laminaire dominante et d’une production lamellaire secondaire en partie dépendante de la première. Les outils sont rares (0,5 % de la série) et comptent principalement des outils sur lames (grattoirs minces, burins et pièces retouchées). Le tamisage partiel des secteurs les plus denses en vestiges a permis la récolte des plus petits éléments, dont les lamelles et microlamelles. 

L’examen macroscopique de ces pièces n’a révélé aucune pièce aménagée. En l’absence d’un calage chronologique strict, la composante technotypologique de l’industrie représente l’unique ressource pour estimer l’âge de l’occupation. En l’état actuel des données, elle permet un rapprochement du site de Marigny avec l’Aurignacien ancien ou récent. 

Suspecté par des ramassages de surface réalisés sur le secteur au XIXe siècle (Jacquinot,1875) et lors de mes prospections depuis 1990, proche du Chäteau de Marigny (fig.1), le site a été découvert en 2003 à l’occasion des travaux préparatoires à la construction de la RD 981 contournant Imphy avant de faire l’objet d’une fouille préventive en 2006.

fig.1

Les pièces lithiques retouchées sont rares, cinquante huit pièces soit 0,5 % du total, représentées par des grattoirs minces en bout de lames, quelques burins dièdres et des lames et éclats retouchés. Malgré l’absence de vestiges osseux à Marigny, le faible nombre d’outils avérés semble révéler des activités différentes de celles réalisées sur les sites donnés en exemple, activités qui pourraient être plus
tournées vers la production de supports lithiques. Cette production de supports s’opère sur des matériaux prélevés dans l’environnement immédiat du site.

L’objectif principal de la production lithique sur le site est celle de lames, dont dépend la production lamellaire (nucléus carénés sur lames), cette dernière apparaissant secondaire en termes de quantité. La composition de l’industrie de Marigny pourrait ainsi correspondre à un site d’exploitation de matière première siliceuse en vue d’une production et d’une exportation partielle de lames et de lamelles.

À l’aune des connaissances évoquées en préambule de cet article, quels sont les éléments discriminants dans l’industrie de Marigny permettant de proposer une, voire plusieurs hypothèses d’attribution culturelle ? La reconnaissance de pièces carénées ne peut plus constituer à elle seule un élément pertinent pour l’identification de groupes typologiques au Paléolithique supérieur. Dans le cas de Marigny, l’absence de lamelle retouchée grève également la lecture des intentions de la production, même si elle ne constitue pas, là encore, un élément toujours pertinent (Brou et Le Brun-Ricalens, 2005). La place de l’industrie de Marigny dans la séquence stratigraphique apparaît antérieure à un épisode de froid marqué qui, au plus récent, correspondrait au dernier maximum glaciaire, soit autour de 20000-16000 BP. Si aucun élément typologique et chronostratigraphique ne permet de rapprocher l’industrie de Marigny du Solutréen, il convient néanmoins de se pencher sur d’éventuels traits communs d’ordre technique. Au Solutréen supérieur, la production laminaire est obtenue par percussion tendre aux dépens de faces larges de nucléus, par débitage uni- ou bipolaire, alors utilisé de façon successive (Renard, 2012).

Si certains nucléus de Marigny exploitant des rognons montrent quelques similitudes en terme volumétrique avec cette description, les produits recherchés affichent une réelle courbure, inhérente au procédé d’auto- entretien de la table laminaire et semblent s’éloigner des objectifs de la production laminaire du Solutréen supérieur. De plus, aucun argument n’a permis d’identifier sur les nucléus de Marigny une production intégrée laminolamellaire. Ainsi, outre l’absence de retouches plates, la production laminaire, qui est très largement unipolaire à Marigny, n’offre pas les critères nécessaires à la production de supports de pointes à cran, notamment une grande rectitude des lames, de grandes dimensions également, obtenues sur des nucléus de gestion bipolaire (Almeida et al., 2013). La production lamellaire autonome n’est pas absente au Solutréen, notamment dans sa phase récente, où elle peut exploiter des tranches d’éclats ou de façon frontale des éclats comme dans le site Solutréen supérieur de Fressignes,dans l’Indre (Chehmana, 2013). Toutefois, les nucléus à lamelles sur éclat de Marigny différent nettement, avec une morphologie plus étroite, conférant au « museau ».

C’est avec l’Aurignacien que l’industrie lithique de Marigny présente le plus d’affinités : une production laminaire orientée vers la recherche de supports de différents gabarits, au profil fréquemment courbe, pour leur utilisation en outils (grattoirs minces, lames retouchées) et la recherche de supports épais pour les nucléus carénées (sur tranche ou frontalement). Les procédés de mise en forme et de maintien sont également comparables : recherche d’un volume qui permet une production après un minimum d’investissement, recours possible à un plan de frappe opposé en cours d’exploitation, utilisation du percuteur tendre organique avec préparation par facettage (éperons).

Dans les phases récentes de l’Aurignacien, les lames aurignaciennes ne sont pas nécessairement présentes et les différents types de lamelles retouchées constituent alors les marqueurs les plus caractéristiques. Toutefois, si l’on considère Marigny comme un site de production de lames destinées à être transformées en outils ou en nucléus à lamelles, la rareté, voire l’absence d’outils sur lamelles ou d’éléments d’outils n’apparait pas illogique. Les nucléus carénés et museaux de Marigny rentrent tout à fait dans la variabilité des supports lamellaires de l’Aurignacien récent, tant par les supports utilisés que par les modes de production observés : lamelles de petites dimensions et nucléus carénés museau. Les procédés de production des lamelles de carénés et les morphologies de lamelles recherchées à Marigny semblent toutefois plus proches des observations menées sur les rares sites contenant une industrie qualifiée d’Aurignacien moyen que de l’Aurignacien récent aquitain (Michel, 2010) : recherche de lamelles préférentiellement rectiligne à subrectiligne, nervure guide plutôt rectiligne sur les nucléus carénés museau. Enfin, l’absence de burin busqué à Marigny pourrait également constituer un point de divergence avec l’Aurignacien récent.


 

Bibliographie

Connet Nelly, Chaussé Christine, Lhomme Vincent, Primault Jérôme, Listrat Pascal. Le site de Marigny à Sauvigny-les-Bois (Nièvre, France), dans la perspective des occupations du Paléolithique supérieur ancien sur la marge sud du bassin de Paris. In: Bulletin de la Société préhistorique française, tome 112, n°4, 2015. pp. 621-645;

 

 

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Découverte d’un fragment de meule antique

Publié le par Archéologie-Nivernaise

 Découverte d’un fragment de meule antique

par Christian BEGO

 

Ce fragment de meule a été découvert en prospection pédestre, dans une parcelle labourée sur la commune de Sauvigny-les-Bois, à Forge (Nièvre).

Il s’agit de la partie supérieure tournante d’un moulin rotatif à bras, appelée « catillus », d’époque gallo-romaine.

Taillé probablement dans un gré local, généralement composé de quartz, feldspath, mica….(fig.1 et 2), ce fragment de meule, avec un peu moins de la moitié conservé, a un diamètre (théorique) entre 45 et 46 cm pour une épaisseur maximale de 11,5 cm au plus large. Son poids est de 9,8 kg.

 

fig.1 (macroscopie)

fig. 2 (microscopie)

Deux perforations latérales, horizontales, sont présentes sur ce fragment. Elles servaient à y insérer un manchon pour la rotation du moulin à bras. De forme conique, non débouchante, la première a un diamètre à l'entrée de 4,5 cm, un diamètre au fond de la perforation d’environ 3 cm et une profondeur de 6 cm.  Elle est sans doute celle d'origine. L’usure progressive de la meule (catillus/meta) l’une sur l’autre et le passage du produit broyé, provoquant, avec l’effet de rotation, une abrasion au fil du temps a eu pour conséquence le rapprochement de la perforation à celle de la surface active, ce qui a probablement contraint l’utilisateur à recréer une seconde perforation ?.

Cette seconde perforation a un diamètre de 4 cm, un diamètre au fond de la perforation d’environ 2,5 cm pour une profondeur de 6 cm. Elle a été effectuée à peu près dans la partie médiane du flan du catillus.L’angle formé par les 2 axes passant par le centre des perforations fait à peu près 60° (fig.3)

fig.3

La meule à main « rotative » se compose d’une partie supérieure mobile appelée catillus et d’une partie inférieure fixe appelée meta (fig.4)

 

fig.4

Les grains sont introduits à la partie supérieure, tombent dans « l’œil » et passent entre « l’anille » et les parois de « l’œil » pour se retrouver pris entre les deux surfaces actives des meules. Le mouvement rotatif, actionné par la force musculaire d’un bras, est transmis à la meule de dessus grâce à un emmanchement ou une perche.  Ce mouvement facilite le passage du grain entre les meules. Les grains sont concassés et libèrent la farine qui ressort sur les côtés (ou par le point d’évacuation) avec le son.

Le couple anille et axe central a deux fonctions : l’optimisation du mouvement de rotation du catillus en le centrant correctement et le réglage de l’écartement entre les deux meules afin de diminuer légèrement les frottements, et donc de faciliter la rotation.

La majorité des emmanchements de ces catillus sont situés sur le côté. Il ne s’agissait probablement pas de simples morceaux de bois horizontaux, un retour vertical permettant une meilleure prise en main est à envisager. (fig.5)

fig.5

Pour la rotation, l’axe central part de l’œil de la meta et vient se loger dans l’anille, au niveau de l’œil du catillus.     L’anille rend la rotation plus concentrique et évite le léger décentrage causé par l’espace entre l’axe central et les parois de l’œil du catillus. La mouture sort tout autour des meules, sur 360 degrés, comme pour les moulins hydrauliques.  

Notons la découverte de plusieurs fragments de catillus sur la commune d’Imphy, lors des fouilles de sauvetage du sanctuaire gallo-romain de la Garenne en 2008, effectuées par l’INRAP. 

Il s’agit de 3 fragments de catillus de diamètres inférieurs entre 37 et 39 cm, d’époque de l’âge du fer (La Tène). Un autre fragment plus gros en diamètre (62 cm) correspondait plus à une meule hydraulique ou à traction animale de la période antique (II ou IIIe siècle).

                                          

                                                                       

    

 

Bibliographie :

Chaussat Alain-Gilles, 2009, Les meules à main rotatives en Basse-Normandie. Corpus 1, les meules antiques, Master 2 d’Histoire (Archéologie), Dir Christophe Maneuvrier CRAHAM, Université de Caen Basse-Normandie.

Jaccottey L., Jodry F., Longepierre S., Robin B. – 2011. Chronologie et diamètres des meules à bras à la fin de La Tène et à l’époque antique, In : Buchsenschutz et al. (dir.), p. 291-298.

Jaccottey, L., F. Jodry, F. Boyer, S. Deffressigne et V. Farget (2011a) : “Le matériel de mouture de la fin de la période gauloise et du début de l’époque romaine”, in : Reddé, dir. 2011, 918-928.

Jaccottey 2014, Les carrières de meules de Bibracte et d’Autun. Journée régionale de l’archéologie - 2014

Jaccottey L. et Farget V. – 2011 : Les normes de dessin des meules rotatives

Florent Jodry, Luc Jaccottey, Boris Robin, Paul Picavet, Alain-Gilles Chaussat - Typologie et fonctionnement des manchons des moulins rotatifs manuels durant le deuxième âge du Fer et le Haut-Empire – 2011 

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Menhir du "Chaillou Magnien"

Publié le par Archéologie-Nivernaise

Le menhir du "Chaillou Magnien" - Commune d'Imphy

 

 

À un kilomètre à l’est du bourg d'Imphy, près du domaine de Linière, en limite de commune, repose un imposant bloc de pierre, longtemps considéré comme un menhir.

Mentionné dès 1852 dans le Bulletin de la Société Nivernaise des Lettres, Sciences et Arts (Vol. I), ce monument fut également répertorié comme menhir dans le Dictionnaire Archéologique de la Gaule (1878).

À l’époque où il était encore debout, il atteignait 2,40 mètres de hauteur hors sol. De forme quadrangulaire, il présentait quatre faces : deux larges de 1,65 mètre et deux plus étroites, variant entre 0,60 et 0,80 mètre.

 

 

Composé d’une roche siliceuse, il formait une partie de l’ossature de la colline. Sa surface, aujourd’hui recouverte d’une patine de lichens verdâtres, porte également des traces de noircissement, probablement dues à des feux allumés à sa base.

En 1880, le propriétaire du terrain, persuadé qu’un trésor y était enfoui, décide de le renverser. Aucun trésor ne fut découvert, et le bloc resta couché, livré au temps et à la végétation.

Bien plus tard, en août 1992, le Groupe Nivernais de Préhistoire (G.N.P.) entreprit des fouilles au pied du mégalithe, espérant retrouver la fosse d’érection ainsi que d’éventuelles pierres de calage. Après avoir dégagé la roche des buissons épineux et de la mousse qui l’enveloppait, les recherches se concentrèrent sur l’extrémité la plus massive, supposée être la base originelle du menhir. Malheureusement, les intempéries interrompirent les travaux, rendant impossible la reprise des sondages durant plusieurs week-ends. Face aux conditions défavorables, les fouilles furent finalement abandonnées sans qu’aucune trace de la fosse d’érection ne soit mise au jour.

Toutefois, un fragment de céramique, probablement d'époque néolithique, fut découvert lors d’un sondage, accompagné d’éclats de silex. En complément des prospections collectives, j’ai moi-même, à plusieurs reprises, arpenté la zone autour du mégalithe, y recueillant plus d’une centaine d’éclats de silex, parmi lesquels figurent quelques outils.

Aujourd’hui encore, ce bloc mystérieux, témoin silencieux du passé, continue de susciter l’intérêt des passionnés d’histoire et d’archéologie.

 

Christian BEGO

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La voie romaine des Plauts Commune d’Imphy (Nièvre)

Publié le par Archéologie-Nivernaise

La région d'Imphy a été parcourue dès le XIXe siècle par des archéologues bénévoles locaux, la documentation bien qu'abondante est malheureusement imprécise quant à la localisation des découvertes. Il existe peu d'ouvrages récents concernant les voie romaines dans la Nièvre. 

La Table de Peutinger (fig.1) et l'itinéraire d'Antonin font état d'une voie latérale à la Loire par la rive droite qui, venant de Roanne par Decize, se dirigeait vers Orléans. On en retrouve la trace à Béard (nord du hameau de Sauvry) , à Saint- Ouen-sur-Loire et à Imphy.

                                                               fig.1

Lors de la conquête romaine, le Nivernais appartenait au peuple Eduens. Dans les commentaires sur la guerre des Gaules, César souligne le nombre des établissements situés sur le territoire des Eduens, contrôlant notamment La Saône, les sources de la Seine et de L’Yonne mai aussi le cours supérieur de la Loire (Decize, Nevers).

Dans la carte archéologique de la Gaule (Nièvre) E. THEVENOT cite pour la commune d’Imphy, la voie romaine latérale à la Loire traversant le territoire communal au lieu-dit «La Grosse Pierre », au sud-est du bourg, on en voit un tronçon probable. C’est sans doute par rapport à cette route et aux deux ruisseaux le Vernay et l’Ixeure que s’organise l’habitat rural.

Sur Decize la voie romaine latérale à la rive droite de la Loire traverse le territoire de Decize au-delà de la ville. Son tracé semble commun à l’itinéraire vers Saint Honoré-les-Bains, passant par la Chapelle Saint Thibaud. Elle se poursuivrait en direction de Bourbon –Lancy. Elle rencontrait  à Decize, la voie d’Autun à Bourges (fig.2)

           

                                                                 fig.2

Ce tronçon de voie romaine est localisé au sud-est de la commune, sur la rive droite de la Loire, au lieu-dit "Les Plauts", là où  passe le sentier de randonnée GR3. (fig.3 et 4) Il longe le fleuve et il est visible au niveau du petit pont de la voie ferrée.

fig.3

fig.4

On peut en apercevoir une portion, sur plus de 200 mètres, selon les saisons (fig.5,6,7,8). En février 2002 cette portion de voie était très visible, faisant ressortir très nettement une des bordures correspondant au trottoir et  la chaussée formée de dalles (fig.6)

fig.5

fig.6 ( 2002)

fig.7 (2017)

fig.8 (2018)

En 2011, des travaux à proximité de la source de captage ont endommagé une partie de la voie (fig. 9, 10, 11). J'avais signalé ce problème à la municipalité d'Imphy. Il me semble crucial, dans le cadre de la préservation de notre patrimoine, de protéger ces lieux riches en histoire.

fig.9

fig.10

fig.11

Il convient de noter l'existence d'un tronçon de voie romaine découvert lors des fouilles de sauvetage de 2007 sur le site de la Garenne (sanctuaire gallo-romain), à l'emplacement actuel de la déviation d'Imphy. Cette voie rejoignait probablement la voie romaine des Plots (fig. 12).

À ce jour, nous ne disposons d'aucune information précise ni de repérage concernant le tracé exact. Toutefois, considérant l'absence d'obstacles majeurs susceptibles de gêner les travaux et pour des raisons de coût, il est raisonnable de supposer que le tracé était le plus rectiligne possible.

                                              fig.12 (vue aérienne)

 

 

Bibliographie :  

Carte archéologique de la Gaule (Nièvre)

Mémoires de la Société Académique du Nivernais, 2e Année, Procès-verbaux des Séances du 16 juillet 1885 à mars 1886 , page 116 - 1887

Monographies Nivernaises- Canton de Nevers - Tome 1er - Alfred MASSE 1913   

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Site néolithique de "La Grande Pièce" (Commune d'Imphy)

Publié le par Archéologie-Nivernaise

Site néolithique de « La Grande Pièce »

Commune d’Imphy (Nièvre )

par Christian BEGO

 

Historique des prospections :

Mes prospections ont débuté en 1991, puis se sont prolongées au rythme des labours jusqu' à la fin de l'année 1997. L'étude du matériel lithique fut entreprise lors de travaux collectifs avec l’association G.N.P (Groupe Nivernais de Préhistoire) malheureusement dissoute à ce jour.

H.Jacquinot écrivait à la fin du siècle dernier qu’il avait trouvé près du domaine de Linière, entre la ferme de ce même nom et le hameau des Commes, quelques silex taillés qui, par leur facture grossière et la mauvaise qualité du silex, lui ont paru provenir de Sauvigny (?)

Nous ne possédons pas plus d'éléments quant à la localisation de ses découvertes.

Situation géographique

L'outillage a été recueilli au sud-est de la commune, sur les hauteurs d'Imphy au lieu-dit "La Grande Pièce", à une altitude d'environ 190 mètres. Le site se trouve à proximité d'une source et de deux cours d'eau situés au nord : l'Ixeure    et la Sardolle qui se jettent dans la Loire à l'ouest de la commune. Plus à l'est, à une altitude de 230 mètres se trouve la ferme de Linière. 

Le terrain concerné, de nature sablonneuse, est situé sur une zone en pente douce vers le nord-est.

 

Le débitage

Les Nucléi :  (planche I)

Les nucléi sont au nombre de 17 représentant 8,5% du matériel recueilli, avec une majorité de nucléi à éclats. 9 sont polyédriques (1 a été réutilisé comme retouchoir), 6 sont prismatiques (3 comportent 2 plans de frappe) ; 1 est pyramidal à 1 plan de frappe ; 1 comporte 2 enlèvements par 2 éclats opposés. Ils sont de dimensions très réduites de l'ordre de 2,8cm à 6,5cm pour le plus gros.

Le premier de forme allongée a une longueur de 12cm pour une largeur de 8cm et une épaisseur de 6cm.    Le second de forme globuleuse mesure 8cm de longueur pour une largeur de 7cm et une épaisseur de 4,7cm.

A noter également dans cette catégorie, un fragment de nucléus et une tablette de ravivage.

Ce silex probablement local, avec des rognons de petites dimensions a été utilisé au maximum. Sa mauvaise qualité pourrait expliquer le débitage anarchique des enlèvements



Nucléus: Bloc de matière première pouvant être directement transformé par la taille en outil : galet taillé, biface par exemple. Dans les autres cas, le bloc est débité en produits appelés éclats, lames, lamelles qui seront eux-mêmes le support d'outils. Le bloc débité prend alors le nom de nucléus.

 


Les éclats : (planche II)

Les éclats sont au nombre de 132 représentant 66 % du matériel recueilli.    On dénombre 12 éclats retouchés (3 avec retouches d'utilisation inverse, 3 avec encoches, 2 cassés en charnière avec retouches d'utilisation inverses); 7 éclats ayant pu être utilisés dont certains comportent des retouches d'utilisation inverses.

La dimension de ces éclats varie entre 1,4cm pour le plus petit et 10cm pour le plus grand, nous donnant une moyenne de 2,9cm. L'analyse des talons fait ressortir une prédominance de talons lisses (43 %) qui démontrerait le peu de préparation de ces talons de frappe. L'étude des talons nous donne le décompte suivant :

Cortical

3

3,44 %

Dièdre

7

8,04 %

Facetté

10

11,49 %

Facetté convexe

4

4,59 %

Facetté plan

2

2,29 %

Linéaire

10

11,49 %

Lisse

38

43,67 %

Punctiforme

12

13,79 %

Retouché

1

1,14 %

Les talons absents, cassés ou disparus, représentant 45 éclats (34%) ont été retirés du décompte.



Eclats :Produit de débitage intentionnel présentant deux faces: une face supérieure et une face inférieure appelée face d'éclatement.  Lames: Diffère de l'éclat par ses dimensions . Sa longueur est égale ou dépasse le double de sa largeur. Une lamelle diffère de la lame par ses petites dimensions. 


Les outils

 Les grattoirs :  (planche III)

Les grattoirs sont au nombre de 9, ils sont prédominants (26,5%) dans l'outillage de la station. Parmi eux, nous trouvons : 

  • 4 grattoirs sur éclat dont le plus grand n'excède pas 3,4cm, 1 grattoir sur éclat laminaire à talon lisse ayant une longueur totale de 8,2cm pour une largeur de 4,7cm et une épaisseur de 2 cm. Son front est rectiligne avec des retouches abruptes (fig.1).
  • 2 grattoirs atypiques dont un ayant subi l'action du feu (double patine), l'autre dont le tranchant a été abîmé par un choc


Grattoirs : L'usage du grattoir n'est pas connu avec certitude : les chasseurs s'en servaient probablement pour gratter les peaux comme le faisaient les esquimaux au siècle dernier.   C'est l'outil universel, le plus répandu de toute la préhistoire. Il peut servir à rectifier les aspérités de l'os ou du bois, couper, servir de levier (décrocher de son support l'objet en os déjà préparé. Les variétés sont nombreuses: grattoir caréné, à museau, circulaire, double, sur extrémité de lame ..........

 Les burins :   (planche IV)

Les burins sont au nombre de 4 ne représentant que 12% des outils dont 1 burin d'angle sur fracture (fig.4), 1 burin sur éclat laminaire (fig.5), 2 micro-burins sur éclat (fig.6 et 7). A noter 2 éclats assimilés à des pseudo-burins dont 1 du type "burin de Siret" (fracturation dans l'axe de débitage).

 



Burins : Les gisements livrant de nombreux os ou bois travaillés donnaient aussi des outils que l'on appela burin et dont le principe est d'avoir un tranchant étroit ou biseau.  Celui-ci est obtenu en détachant un éclat dans l'épaisseur d'une lame ou d'un éclat.Le burin n'est cependant pas le seul instrument capable d'un tel travail et un angle d'éclat ou de lame brisée par exemple était certainement aussi efficace. Les variétés sont nombreuses : burin dièdre,busqué, de Noailles, bec de perroquet, caréné, d'angle sur cassure .......


Les racloirs : (planche V)

Les racloirs sont au nombre de 5 (14,7%) dont deux racloirs double : le premier est un racloir droit et convexe avec retouches abruptes sub-parallèles. Il a gardé une grande plage de cortex sur sa face supérieure (fig.10), le second est fracturé transversalement ; 2 racloirs latéraux simples convexes dont le premier est taillé dans un éclat long et a gardé une zone de cortex à sa partie proximale (fig.8), le second taillé dans un silex gris clair, possède des retouches écailleuses (fig.9) ; 1 racloir latéral convexe avec troncature proximale possédant des retouches marginales courtes. A noter dans cette catégorie un autre outil à mettre dans les racloirs-bifaces. Son talon est lisse, il comporte des retouches écailleuses envahissantes avec retouches scalariformes opposées. Le bord opposé au tranchant a disparu (fracture récente). L'hypothèse d'un biface n'est donc pas totalement à écarter.   



Racloirs : Les racloirs sont des éclats dont un des grands cotés est transformé en tranchant. Le tranchant est habituellement convexe, mais peut bien entendu être rectiligne, concave ou sinueux. Si le racloir n'a qu'un bord retouché il est dit simple. Il est double s'il a deux tranchants . Les variétés sont très nombreuses avec cependant un dénominateur commun qui est la nature des retouches. Le racloir est l'outil de base des Paléanthropiens qui vécurent de - 100 000 à - 50 000 ans comme représentant l'homme de Neandertal. C'est donc un outil aux fonctions multiples : racler, couper, scier. Il est caractéristique de la culture moustérienne . Le racloir sera utilisé jusqu'à l'âge du bronze


 Les perçoirs, armatures et divers

Les perçoirs : (planche VI)

Un seul perçoir avec retouches alternes a été trouvé (fig.1). A noter 1 lame à crête ayant pu être utilisée comme perçoir. Elle possède une extrémité pointue fracturée et des retouches sur la partie distale gauche (fig.2)

 


 

 


Perçoirs : L'outil habituellement appelé perçoir présente une pointe plus ou moins dégagée du reste du support. Il existe une grande variété d'outils pour percer en raison de la nature des matériaux à travailler et des types d'orifices à réaliser.
Percer une peau nécessite un outil résistant, ne cassant pas dans l'effort de traversée du cuir. Le poinçon d'os, de corne ou de bois de cervidé est parfaitement adapté à ce travail.
Ils sont appelés micros-perçoirs lorsque leur longueur est inférieure à
35 mm. Leur pointe est très fine, retouchée à partir d'une face ou de 2 deux faces.

 


Les armatures : (planche VII)

Les armatures ou pointes sont au nombre de deux dont :

  • 1 armature bifaciale fabriquée dans un silex gris clair à patine laiteuse avec des retouches écailleuses couvrantes. Elle mesure 6,1cm de longueur pour une largeur de 2,6cm et une épaisseur maxi de 1,1cm (fig.3).
  • 1 autre armature bifaciale à base droite, taillée dans un silex beige clair comportant des inclusions ; ses retouches sont couvrantes. Elle mesure 3,9cm de longueur pour une largeur de 2,9cm et une épaisseur de 1cm (fig.4).

A noter une pièce pouvant être assimilée, de par sa forme, à une ébauche d'armature. D'une longueur de 3,9cm pour une largeur de 3,2cm et une épaisseur de 1cm, elle possède une extrémité trapue et pointue retouchée sur les deux faces (fig.5).


 


Armatures ou pointes : Instrument varié ayant comme caractère commun d'être pointu.                Les armatures ou pointes sont très variées selon les cultures et les périodes et peuvent être classées dans 3 catégories : pointe en forme de feuille, pointe à pédoncule et ailerons et pointes plus ou moins triangulaires à base droite, convexe ou concave. Les bords de la pointe sont rectilignes ou courbes, denticulés ou encochés. Très peu de documents nous montre le mode de fixation de la pointe sur la hampe. Les liens servant à maintenir l'ensemble étaient en substance animale ou végétale.


Divers : (planche VIII)

Parmi le matériel recueilli sur le site, j'ai classé dans les divers :

  • 6 éclats denticulés (planche II, fig.10 et 11) dont 2 denticulés avec encoches (1 avec encoche retouchée et une encoche clactonienne, le second comportant une encoche unique). Ils ne sont pas dessinés.
  • 1 pic ou ciseau (?). Taillé dans un silex gris à patine blanche, large de 3,4cm pour une épaisseur de 2,9cm, il est retouché à larges éclats couvrants sur sa face supérieure et à retouches couvrantes irrégulières sur sa face inférieure. Fracturé transversalement, son identification demeure incertaine. (Planche VIII, fig.6)
  • 1 ébauche de hache ou enclume (?). En chaille, de forme triangulaire allongée, elle a pour longueur 11,9cm pour une largeur de 6cm. Elle possède quelques enlèvements larges sur sa face supérieure ainsi que de nombreuses esquilles sur son arête centrale. Sa face inférieure, presque plate est restée naturelle.
  • 1 extrémité proximale brûlée d'un pédoncule.

 


Pic : Silex allongé taillé assez grossièrement à large éclats dans toute sa longueur et sur tout son pourtour, affectant plus ou moins la forme de coin ou de pointe.
Ciseau : Silex taillé en biseau à l'une de ses extrémités comme un ciseau de menuisier. Tranchet allongé et étroit. Ce tranchant rectiligne peut être aussi convexe et certainement pour des raisons de solidité il peut être biface, mais très souvent uniface pour des exemplaires de petite taille. En général sa largeur est inférieure au tiers de sa longueur. Le même nom de ciseau est donné aux haches polies particulièrement étroites.

 

Les haches

 Haches taillées : (planche IX)

En chaille, les haches taillées sont au nombre de 2 :

  • 1 hache taillée mesurant 15,6cm de long pour une largeur de 7cm et une épaisseur maxi de 4cm. Du cortex présent sur sa face supérieure envahie une bonne moitié de sa surface, pour un bon tiers à sa partie tranchante et le reste dans une zone près du talon. Le reste de sa surface a été taillé à larges éclats. Sa face inférieure bombée naturellement, ayant gardée son cortex, comporte des retouches écailleuses courtes sur ses bords latéraux. (Planche IX, fig.1)
  • 1 hache taillée mesurant 15,3cm de longueur pour une largeur de 6cm et une épaisseur maxi de 3,8cm. Elle est taillée à larges retouches écailleuses envahissantes sur sa face supérieure. Sa face inférieure bombée naturellement, dont des plages de cortex subsistent comporte des retouches plus courtes écailleuses.   (Planche IX, fig.2)  


Haches polies : (planche X)

Les haches polies sont au nombre de 2 :

  • 1 hache polie en silex beige clair, dont le talon a disparu (fracture transversale). Sa partie tranchante est abîmée par des chocs d'utilisation (planche X, fig.1).
  • 1 hache polie, à flans convexes, dont le tranchant également convexe est resté intact et demeure fortement coupant (planche X, fig.2). La matière première utilisée est une roche dure, de couleur verte à grains fins. Elle a une longueur totale de 7cm pour une largeur de 3,8cm et une épaisseur maxi de 1,2cm.

 


On appelle hache, la partie tranchante en pierre d'un outil qui comportait un manche en matière périssable. Une première distinction peut se faire entre haches taillées et haches polies. Si certains pensent que la hache taillée est le plus souvent destinée au polissage, la perfection de certains tranchants, leur aspect usagé sur d'autres pièces, font de la hache taillée un outil achevé, certainement aussi efficace que son homologue poli.


 

Conclusion

 Sur un total de 199 pièces, la répartition nous donne :

Nucléus              

17

Eclats

132

Outils

34

Déchets et divers

16

 

Le nombre d'outils reste faible avec 34 outils soit seulement 17% du matériel recueilli. Cette industrie de Néolithique est caractérisée par l'utilisation d'un silex local de qualité médiocre ; cependant on a privilégié l'emploi d'un silex de meilleure qualité pour la fabrication de certains outils.

Les nucléi étant de petites tailles ont été utilisés jusqu'à leur extrême limite laissant supposer un manque de matière première.

L'absence de lames de grand module corrobore cette économie de matière première. De la chaille locale a servi à réaliser deux haches taillées.

Une roche dure à grain fin a été utilisée pour la fabrication d'une hachette polie, traduisant probablement une importation ou des échanges avec d'autres groupes.

La préparation des plans de frappe n'a pas été le souci majeur de ces hommes. L'industrie semble homogène, ce qui permet d'écarter l'hypothèse d'un éventuel mélange et, compte tenu de sa répartition, il semble que nous soyons en présence d'un petit site de débitage.

 

Bibliographie


JACQUINOT (Dr Honoré). -in Bulletin de la Société Nivernaise des Lettres, Sciences et Arts vol. X ,1879, p. 537.

MASSE (Alfred). - Monographies Nivernaises – Tome 1er, Canton de Nevers.1913, p.240.

BREZILLON (Michel). - La dénomination des objets de pierre taillée. - Paris, Ed. Du CNRS, 1983, 4e supplément à Gallia Préhistoire.

INIZAN (M.L.), REDURON (M.), ROCHE (H.) et TIXIER (G.) : Technologie de la pierre taillée (tome 4), Ed. du C.N.R.S.,1995.

 

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Découverte d'un biface

Publié le par Archéologie-Nivernaise

DECOUVERTE D’UN BIFACE

Date :15 août 2006

Découverte d’un biface lors des travaux de la déviation d’Imphy, aux Commes, "Chemin de la chaume de la Bergère"

Biface découvert sur le flan d’un décapage. Absence de contexte archéologique aux environs et sur l’ensemble du décapage dans cette zone.

Dimensions : (d’après F. BORDES)

 L (longueur maxi) 112 mm
 a (hauteur de la + grande largeur) 30 mm
 n (largeur à mi-hauteur) 70 mm
 m (largeur maxi) 80 mm
 e (épaisseur maxi) 19 mm
 m/e (larg.maxi/épaisseur maxi) 4,21
 L/m (proportion) 1,4

 

D'après le classement F.Bordes, ce biface est plat et rentre dans la catégorie des bifaces ogivo-triangulaires.

Réalisé dans un gros éclat de silex noir, il est asymétrique et une de ses faces comporte une patine laiteuse sous forme veinée. Les retouches sont bifaciales, écailleuses, couvrantes.

Période : Paléolithique moyen (moustérien) - 50 000 à - 40 000 ans

Localisation : Coordonnées Lambert 93 : X=721,30  Y=6646,80   Alt. 212 m

 

 

 

 

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Du Mammouth dans la Nièvre

Publié le par Archéologie-Nivernaise

Découverte de molaires de mammouth dans la Nièvre

Bien que l’on puisse penser qu’il s’agit d’une trouvaille exceptionnelle, la découverte de molaires de mammouth dans notre région n’est pas si rare. On en recense également dans les départements voisins, comme l’Allier (Chemilly, Jaligny…) ou le Puy-de-Dôme (Enval…).

Chronologie des découvertes

Juillet 2004

Stéphane, originaire d’Imphy, et son père font une découverte fortuite lors d’une sortie de pêche, en parcourant les plages de la Loire. À demi enterrée dans le sable, une molaire de mammouth affleure à peine à la surface.

  • Poids : 2,775 kg
  • Dimensions : 26 cm de long, 15 cm de haut, 9,5 cm d’épaisseur

Juillet 2007

Une seconde molaire est mise au jour, à proximité du lieu de la première découverte.

  • Poids : 2,710 kg
  • Dimensions : 24,5 cm de long, 12 cm de haut, 9 cm d’épaisseur (002)

Juillet 2015
Une nouvelle molaire est trouvée sur la commune de Sauvigny-les-Bois, portant à trois le nombre total de dents retrouvées dans un rayon d’à peine 2 km.

  • Poids : 1,6 kg
  • Dimensions : 23 cm de long,12 cm de haut, 7,2 cm d’épaisseur

Peu de temps après, on signale la découverte d’une quatrième molaire au niveau du convoyeur qui enjambe la Loire, près de la sablière de Saint-Éloi. Malheureusement, le découvreur n’a conservé aucune trace de celle-ci : ni photo, ni mesures, ni poids.

Malheureusement, il ne reste aujourd’hui plus aucun de ces spécimens : tous ont fini par être vendus ou échangés.

Juin 2019

Je reçois par mail le témoignage d’un habitant de la Nièvre, possesseur d’une molaire découverte entre Decize et Imphy, sans localisation précise.

  • Poids : 1,200 kg
  • Dimensions : 22 cm de long, 7 cm de large

 

 

L’ensemble de ces cinq molaires peut être rapporté à une même espèce éteinte de la famille des Éléphantidés. Leur morphologie, et plus particulièrement l’indice laminaire (7 à 8 lames sur 10 cm), permet de les identifier comme appartenant au mammouth laineux (Mammuthus primigénius).

Le mammouth laineux

L’indice laminaire (7 à 8 lames sur 10 cm) confirme l’appartenance des dents au mammouth laineux, célèbre pour sa fourrure hivernale épaisse composée de poils pouvant atteindre 90 cm.

  • Période : Pléistocène supérieur (200 000 à 300 000 ans)
  • Extinction : après la dernière période glaciaire, il y a environ 10 000 ans
  • Taille : jusqu’à 3 mètres au garrot
  • Poids : jusqu’à 6 tonnes

Une molaire est constituée de lamelles d'ivoire recouvertes d'émail.

L'ensemble est noyé dans le cément, matière recouvrant l'ivoire de la racine des dents.

Coupe d'une molaire de mammouth

Chaque mammouth possédait quatre molaires, une par demi-mâchoire. À l’âge adulte, elles pouvaient peser jusqu’à 2 kg et mesurer environ 23 cm, dépassant de la gencive de 2,5 cm. Leur structure, très particulière, était composée de lames transversales d’émail, séparées par du cément et de la dentine.

Cette disposition obligeait l’animal à mâcher de l’avant vers l’arrière, contrairement aux ruminants actuels. Les molaires du mammouth comptaient environ 25 lames d’émail, soit davantage que celles des éléphants modernes :

  • 10 chez l’éléphant d’Afrique
  • 20 chez l’éléphant d’Asie

D’après les recherches récentes, le mammouth laineux serait plus proche de l’éléphant d’Afrique que de l’éléphant d’Asie.

Vous avez réalisé une découverte similaire ?


N’hésitez pas à me contacter par mail en précisant la date et les circonstances de la découverte, la localisation la plus précise possible, ainsi que les dimensions, le poids et, si possible, quelques photographies.

Je peux également me déplacer dans un rayon d’environ 20 km autour de Nevers pour examiner le spécimen.

Toute nouvelle donnée pourra être intégrée à cet inventaire afin d’enrichir les connaissances régionales sur le mammouth laineux (Mammuthus primigénius).

 

 

 

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